Thierry Brunello - Tous droits réservés.

CHINE - Sichuan

Paisibles tropiques

En 1987, le touriste étranger est une rareté en Chine. Les hordes qui déferlent sur les lieux touristiques sont exclusivement chinoises. Pour les voyageurs occidentaux que nous sommes, enclins à une certaine contemplation, être plongé dans le flot compact et tonitruant de ce peuple est une véritable épreuve.

Au Sichuan, le mont Emeï, ou le Bouddha de Leshan qui domine aves ses 70 mètres l'union de cinq fleuves, font partie de ces lieux à la mode qui attirent les familles des quatre coins de la Chine. On s'y aventure, balayant du pied papiers gras et canettes qui recouvrent sentiers et escaliers, les oreilles agressées par un flot ininterrompu de radios vociférantes, et les narines saturées par l'odeur des pique-niques au canard laqué. Bref, on y boit, on y mange, on y rote, on y crie, on y crache et on s'y bouscule avec un naturel confondant.

 

Si l'on veut du calme, ce sera hors des circuits, au pied des remparts de Leshan, dont l'ocre des murs se confond aux limons du fleuve, dans les gargotes de thé rouge où les conteurs distraient vieillards et enfants affalés dans des fauteuils en bambou. Même dans la mégalopole de Chengdu se trouvent des endroits sereins ; il suffit d'emprunter les ruelles des vieux quartiers ombragées d'hibiscus.

Le calme, le véritable voyage, se trouvent là où "il n'y a rien à voir".

 

À Baguo, les fermes se perdent dans la platitude des rizières. Discrètes, elles se dissimulent sous les bosquets de bananiers.

Au cœur de cette campagne, un homme nous interpelle de loin, nous invitant à le rejoindre. L'homme nous serre la main. Sa joie est profonde, sincère. Sous la tonnelle, sa famille est réunie. C'est la fin de l'après-midi et tous sont rentrés des champs. Sous les chapeaux de paille, mères, grands-mères, oncles, grands-oncles et enfants, toutes générations confondues, nous observent avec curiosité. Nous leur renvoyons leurs regards, conscients de part et d'autre que la communication ne sera pas aisée. Elle ne se fera que par gestes, par expressions marquées du visage, agrémentés de sourires un peu gênés. Le plaisir de l'échange est réel. Des Chinois, nous en avons croisés beaucoup depuis notre arrivée, mais chez eux, l'émotion est plus grande : nous sommes les premiers occidentaux qu'ils rencontrent.

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Les remparts de Leshan - 1987

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Le grand Bouddha de Leshan - 1987

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Le grand Bouddha de Leshan - 1987

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Vieille ville de Chengdu - 1987

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Salon de thé à Chengdu - 1987

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Dans la vieille ville de Chengdu - 1987

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Femme du Sichuan - 1987

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L'heure de la sieste (Chengdu) - 1987

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Les rizières de Baguo - 1987

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Cueilleuse de riz - 1987

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Bienvenue à la ferme (Baguo)- 1987

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Bienvenue à la ferme (Baguo)- 1987

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Sourires du Sichuan (Baguo)- 1987