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Écrire un roman, c'est voyager dans l'imaginaire. Mais l'inspiration se nourrit de la réalité.Époques, lieux, personnages ou intrigues, les racines d'un roman sont profondes. Explorez mes CHEMINS D'ÉCRITURE.Quand on écrit, on lit beaucoup. Mes coups de cœur sont sur L'ÉTAGÈRE DU HAUT.Pour les news de mon univers littéraire, c'est l'ACTUALITÉ.Et pour les plus curieux, ouvrez L'AUTRE PORTE. Bonne lecture...

CHEMINS D'ÉCRITURE

Coup de cœur : ALAMUT

26/09/2020

Coup de cœur : ALAMUT

Retranché dans sa citadelle dominant la plaine, le grand maître Hassan Ibn Sabbâh mène, à la fin du XIe siècle, une guerre sainte en Iran. Il n'a que peu de soldats et seuls ses proches le connaissent intimement. Parti de presque rien, sans armée, sans terre et sans guère d'appuis à la cour, il dominera le monde. Des hommes seront prêts à mourir pour lui avec le sourire aux lèvres. Des foules entières se prosterneront sans combattre. Un millénaire plus tard, la manipulation des masses, telle qu'il la pratiqua, continue d'ébranler les empires modernes.   Mélange d'aventures et de philosophie politique, Alamut n'évoque la violence des complots d'alors que pour mieux renvoyer aux problèmes cruciaux des civilisations modernes.

 

« ... je partage l'humanité en deux catégories fondamentalement différentes : une poignée de gens qui savent ce qu'il en est des réalités, et l'énorme majorité qui ne sait pas. » Vladimir Bartol

 

 

La chanson qui a donné son nom à UN JOUR TU VERRAS

21/06/2020

La chanson qui a donné son nom à UN JOUR TU VERRAS

En 1954, la chanson Un jour tu verras a été écrite pour le film de Henri Decoin, « Secret d’alcôve », dans lequel Marcel Mouloudji l’interprétait lui-même. Si le film se fait vite oublier, la chanson, elle, va devenir un succès populaire et asseoir définitivement la notoriété du chanteur.

 

Derrière les paroles légères et poétiques, Mouloudji y révèle pourtant une profonde mélancolie. Il n’y a rien d’étonnant à cela quand on sait que Mouloudji et Jacques Prévert se côtoyaient.

 

Un jour, tu verras,

On se rencontrera…

 

C’est l’histoire d’un homme qui, au cours d’un bal populaire va tomber amoureux d’une femme.

 

L'emploi du futur incarne l’espoir. Pourtant, le temps passe. Et avec le temps, la vie s’en va. L’atmosphère devient désuète. Les couleurs ternissent, et peu à peu s’installe la tristesse, avec ces âmes grises, cette brume et cette mélancolie. Le bal se dissous dans ce brouillard et on comprend peu à peu que le futur parle du passé. Un passé révolu, regretté. La rencontre a déjà eu lieu.

Il s’agit d’un souvenir. Le souvenir d’un amour à jamais perdu.

 

Vers une fin du monde

Vers une nuit profonde.

 

On pourrait presque croire que l'être aimé n'est plus de ce monde.

Et cet accordéon qui tente de sourire pour ne pas pleurer.

 

Le Capitaine Kerjean cherchait déjà Carmen lorsque cette chanson est arrivée à mes oreilles. L’écho était trop grand, la corrélation trop forte pour que j’en reste sourd. Un jour tu verras a envahi l’esprit du vieux marin, l'univers du roman tout entier, et ne les a plus quitté, jusqu’à la dernière ligne.

 

UN JOUR TU VERRAS et son rapport au Cinéma

19/06/2020

UN JOUR TU VERRAS et son rapport au Cinéma

Au début des années 1900 en Angleterre, une jeune veuve, Lucy Muir, étouffant à Londres, décide de louer un cottage dans la station balnéaire de Whitecliff. Elle s'y installe avec sa fille Anna et sa fidèle servante Martha. La maison est hantée et, dès le premier soir, elle surprend l'apparition fantomatique de l'ancien propriétaire, Daniel Gregg, un capitaine de la marine bougon et espiègle.

La location du cottage n'étant pas donnée, Lucy connait rapidement des problèmes d'argent. Daniel lui propose alors de dicter ses mémoires, qu'elle publiera sous son nom. Au cours de l'écriture du livre, une grande complicité s'instaure entre eux...

 

Ainsi commence l'histoire, imaginée par l'écrivaine britannique R. A. Dick, que Hollywood a adapté en 1947 sous la férule talentueuse de Joseph Mankiewicz. Une adaptation très fidèle au roman, pour son élan romanesque, son atmosphère mystérieuse et sa mélancolie débordante. De ce chef d'œuvre, Mankiewicz dira lui-même : "Il y a le vent, il y a la mer, il y a la quête de quelque chose d’autre… Et les déceptions que l’on rencontre. Ce sont là des sentiments que j’ai toujours voulu transmettre, et je crois bien qu’on en trouve trace dans presque tous mes films."

 

J'ai redécouvert ce film il y a six ans. N'hésitez pas vous-mêmes à le voir ou le revoir. Lorsque vous lirez "Un jour tu verras", vous saisirez alors toutes les associations, les ponts et les corrélations qui jalonnent mon roman.

 

Dans une moindre mesure, "Un jour tu verras" fait également référence à Rebecca, de Daphné du Maurier, pour l'atmosphère pesante du manoir de Manderley et la présence inquiétante de sa servante. À ceux qui ont encore en tête l'adaptation qu'en a faite Alfred Hitchcock, vous n'échapperez pas au clin d'œil sur l'arrivée de Flore au domaine Kerjean.

 

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Rebecca - Alfred Hitchckock - L'arrivée à Manderley

La musique dans UN JOUR TU VERRAS

19/06/2020

La musique dans UN JOUR TU VERRAS

La musique est omniprésente dans UN JOUR TU VERRAS.

Elle intervient diégétiquement, c'est à dire qu'elle fait partie intégrante du récit. Un piano, une radio... mais elle peut aussi surgir de manière incongrue, comme dans une comédie musicale.

 

Au-delà de la chanson éponyme de Mouloudji, qui est à elle seule un nœud central du récit, on découvre deux univers musicaux qui s'affrontent, à l'image de deux générations :

 

Le "vieux monde" est illustré par la puissance poétique du "Prélude à l'Après-midi d'un faune", de Debussy. Puis, plus proche de nous, le joyeux "C'est Magnifique" de Luis Mariano, que mes parents écoutaient en boucle sur le tourne-disque. Mais aussi "Raining in my heart", de Buddy Holly, avec son charme suranné des années 50.

 

Arrivent ensuite les chansons du "renouveau", celui des années 60, avec sa jeunesse éprise de liberté, bien décidée à briser le carcan étouffant de la bourgeoisie. Léo Ferré chante "C'est extra", qui fit scandale à l'époque, "California Soul" de Marlena Shaw deviendra un hymne hippie, et surtout le sulfureux et punk "Down to the Streets" des Stooges avec son emblématique leader Iggy Pop.

A noter que ces trois chansons sont sorties en 1969, alors que l'intrigue du roman se déroule un an plus tôt.

Pourquoi cet anachronisme ? Je vous laisse le découvrir...

 

 

N'hésitez pas à les ré-écouter (ou les écouter). Elles murmureront à vos oreilles pendant la lecture.

 

Illustration : The Stooges - 1969

L'Ankou dans UN JOUR TU VERRAS

18/06/2020

L'Ankou dans UN JOUR TU VERRAS

L’Ankou semble être un héritage de la mythologie celtique, et plus précisément du Dieu-Père dont la fonction est la perpétuation des cycles vitaux, comme la naissance et la mort, les saisons, le jour et la nuit.

Il ne représente pas la Mort elle-même, mais son serviteur. Son rôle est de collecter dans sa charrette (karrigell an Ankoù) les âmes des défunts récents. C’est un « passeur d’âmes ».

Lorsqu’un vivant entend le bruit grinçant de la charrette (wig ha wag !) c’est qu’il ne va pas tarder à passer de vie à trépas.

 

On dépeint l’Ankou, tantôt comme un homme très grand et très maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d’un large feutre, tantôt sous la forme d’un squelette drapé d’un linceul, et dont la tête vire sans cesse sur sa colonne vertébrale, telle une girouette autour de sa tige de fer, afin qu’il puisse embrasser d’un seul coup d’œil toute la région qu’il a mission de parcourir.

Il tient à la main une faux. Celle-ci diffère des faux ordinaires car son tranchant est tourné vers l’extérieur. Aussi l’Ankou ne la ramène-t-il pas à lui quand il fauche ; contrairement à ce que font les faucheurs de foin et les moissonneurs de blé, il la lance en avant.

Dans certaines légendes, l’Ankou tue sans faucher réellement. Le simple fait de l’approcher, de l’entendre passer ou à plus forte raison d’échanger des paroles avec lui, suffisent à causer la mort.

C’est le triste sort de Fanch ar Floc’h, ce talentueux forgeron qui, absorbé par son ouvrage, travailla le soir de Noël jusqu’après l’heure sainte de minuit. L’Ankou lui rendit alors visite pour faire réparer sa faux. L’homme accomplit sa tâche sans se douter de l’identité de son hôte et mourut à l’aurore.

 

On dit que pour chaque paroisse, le dernier mort de l’année devient l’Ankou de l’année suivante.

Le jour, il est également présent à travers les sculptures à son effigie qui ornent les ossuaires, rappelant toujours aux hommes la fin à laquelle ils ne peuvent se soustraire. Et ces mots gravés sur la pierre de nous mettre en garde : « La Mort, le Jugement, l’Enfer froid : quand l’Homme y pense, il doit trembler. »

 

Par extension, L’ANKOU DE RENNES est le club français de football américain de la capitale bretonne.

 

 

(Propos recueillis principalement sur le site Hellystar)

(Illustration : L'Ankou, the workman of Death2 / krukof2)

ROSSIGNOL, CHANTE ! ou la question démocratique

17/06/2020

ROSSIGNOL, CHANTE !  ou la question démocratique

L'homosexualité est encore considérée comme transgressive par une majorité mondiale. 
Ce sont dans les sociétés démocratiques qu'elle est aujourd'hui la mieux tolérée, envers et contre tout. Il y a donc un lien évident entre la raison démocratique et l'acceptation de l'homosexualité. Les homophobes en quête de liberté devraient y réfléchir. Il y a assez d'exemples dans l'Histoire pour savoir que l'intolérance et la manipulation populiste conduisent au totalitarisme. On croit toujours que c'est pour les autres, mais lorsqu'on commence par refuser la liberté à une minorité, c'est sa propre liberté, à terme, que l'on met en danger. Les hégémonies politico-culturelles actuelles construisent leurs discours sur la peur et le cynisme sans qu'aucune pensée ne vienne plus véritablement s'y opposer. Comme si le sens critique avait capitulé. 

"Rossignol, chante !" est un recueil de nouvelles centrée sur des personnages homosexuels mais il s'adresse à tout un chacun. Aux gays, pour leur dire combien les luttes passées ont été difficiles et que les oublier met en péril leur liberté actuelle, si précieuse et fragile. A tous, pour tester leur vigilance, pour combattre le repli sur soi et le cynisme, qui sont les signes précurseurs d'une soumission à un pouvoir totalitaire que l'on aura nous-mêmes généré.

C'est de cela que parle "Rossignol, chante !" à travers cinquante ans de parcours d'un homosexuel (qui n'écrit pas que de la littérature gay), dont l'expérience de vie a engendré huit nouvelles fictionnelles qui, de l'enfance à l'âge adulte, de la caresse au jeu SM, questionnent l'homme sur son pouvoir de bienveillance et de nuisance, sur sa capacité à accéder à la liberté, cette quête universelle du bonheur.

 

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